Salvia Divinorum Europe

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Pourquoi la loi sur la salvia change d’un pays à l’autre, quatre modèles

Stupéfiant ici, substance vénéneuse là, simple interdiction de vente ailleurs : les quatre modèles juridiques de la salvia en Europe et ce que chacun punit.

Vérifié11 octobre 2026 5 min de lecture

Les pays européens encadrent la salvia de quatre façons différentes, et c’est ce qui décide de ce qui est une infraction. Dans certains pays, la plante est un stupéfiant et sa détention un délit. Dans d’autres, seule la vente est interdite. Certains textes visent la plante, d’autres la seule salvinorine A, et quelques pays n’ont aucune règle. Il n’existe pas de règle européenne commune : ni la plante ni la salvinorine A ne figurent à l’annexe de la décision-cadre qui définit les drogues que les États membres doivent incriminer (décision-cadre 2004/757/JAI). Chaque pays décide seul.

Modèle 1 : pas de contrôle

Aux Pays-Bas, la salvia ne figure sur aucune liste de la loi sur l’opium : l’achat, la détention et l’usage ne sont pas des infractions, et les règles générales sur les produits de consommation s’appliquent. En Finlande, à Malte et en Slovénie, nous avons parcouru les listes de stupéfiants sans y trouver la salvia, mais sans pouvoir confirmer par une source primaire qu’aucune autre règle ne s’applique ; ces pays sont donc marqués « non vérifié ». Les Pays-Bas sont ainsi le seul pays de l’inventaire où la vente est légale de façon confirmée. Le détail figure sur la page Pays-Bas.

Modèle 2 : sur la liste des stupéfiants

La plupart des pays de l’inventaire classent la salvia parmi les drogues contrôlées, sous la même loi que le cannabis ou le LSD. Détention, achat, importation et vente sont des infractions. Les détails varient :

  • Belgique : salvinorine A inscrite en 2004, plante en 2006. Depuis le 1er juin 2024, le texte vise toutes les parties de la plante.
  • Suisse : la plante est un stupéfiant interdit depuis le 1er mai 2010, la salvinorine A depuis le 1er octobre 2014. Le Liechtenstein applique la même liste.
  • Luxembourg : la plante figure depuis août 2012 sur la liste des substances psychotropes, ce qui la place sous la loi générale sur les stupéfiants.
  • Allemagne : la plante et ses parties figurent à l’annexe I de la loi sur les stupéfiants depuis le 1er mars 2008.
  • Italie : la plante et la salvinorine A sont au tableau I depuis mars 2005.
  • Irlande : la salvinorine A et toute matière végétale qui en contient sont contrôlées depuis le 1er novembre 2011.
  • Pologne, Croatie, Roumanie et les pays baltes inscrivent la plante ; Tchéquie, Slovaquie, Hongrie et Bulgarie ne citent que la salvinorine A. Danemark et Islande visent les deux.

Dans certains de ces pays, l’usage lui-même est puni : la Suisse et l’Estonie le sanctionnent d’une amende, le Luxembourg d’une amende ou d’une courte peine de prison.

Modèle 3 : sur une liste de substances vénéneuses ou dangereuses

D’autres pays arrivent au même résultat par une autre loi.

  • France. L’arrêté du 2 août 2010 inscrit la plante et la salvinorine A sur la liste I des substances vénéneuses. Ce n’est pas la liste des stupéfiants : la plante n’apparaît pas dans l’arrêté du 22 février 1990 qui fixe cette liste. Le classement suffit pourtant à interdire l’acquisition, la détention, le transport et l’importation, selon Drogues Info Service.
  • Suède. La salvinorine A et toutes les parties de la plante figurent depuis le 1er avril 2006 parmi les marchandises dangereuses pour la santé. Détention, importation et vente sans autorisation sont punies d’une amende ou d’un an d’emprisonnement au plus.

Pour qui voyage, l’effet est le même qu’au modèle 2 : la détention est interdite.

Modèle 4 : vente interdite, détention non punie

Un groupe plus restreint interdit le commerce sans punir l’usager qui en détient.

  • Royaume-Uni. Depuis le 26 mai 2016, le Psychoactive Substances Act interdit de produire, céder, importer ou exporter toute substance psychoactive, salvia comprise. La détention n’est pas une infraction, sauf en prison. La cession peut valoir jusqu’à sept ans (FRANK).
  • Espagne. Depuis le 6 mai 2004, la plante figure sur la liste des plantes dont la vente au public est interdite en raison de leur toxicité (Orden SCO/190/2004). Le texte ne dit rien de la détention ni de l’usage.
  • Portugal. La plante, la salvinorine A et la salvinorine B figurent depuis le 18 avril 2013 sur la liste des nouvelles substances psychoactives. Production, importation, vente et détention sont interdites, mais au titre d’infractions administratives punies d’amendes.
  • Autriche. Seule la salvinorine A est visée, depuis le 1er janvier 2012. La produire, l’importer ou la céder dans un but lucratif est un délit ; la détention et l’usage ne le sont pas. La loi parle de composés « produits par synthèse », si bien qu’on ne sait pas si les feuilles sont concernées.

Plante ou molécule : pourquoi le texte compte

Qu’une loi vise la plante, la salvinorine A ou les deux détermine ce qui est couvert. L’Allemagne ne nomme que la plante et ses parties, ce qui couvre feuilles et extraits sur feuilles. L’Autriche ne nomme que la salvinorine A, l’Espagne seulement la plante, et la plupart des pays les deux. Là où la plante est visée, les plants vivants et les boutures le sont aussi, ce qui importe pour qui songerait à en cultiver.

Transit et colis

Chaque pays applique sa loi sur son territoire. Un achat légal aux Pays-Bas ne protège personne qui traverse ensuite la Belgique ou l’Allemagne, et un colis venu d’une boutique néerlandaise est une importation dans le pays de livraison. La page séjour aux Pays-Bas explique ce que cela implique en voyage.

Comment l’inventaire a été établi

Chaque fiche de la carte des pays repose sur le texte de loi ou un service public, avec la date d’entrée en vigueur et celle de notre vérification. Faute de source primaire, le pays est marqué « non vérifié ». Information générale au 11 octobre 2026, pas un conseil juridique.